Carlier-Gens_COUV3-194x300         " Les gens sont les gens "

 

Les présentations des éditeurs : 23/01/2013

Nicole Rivadavia est une psychanalyste parisienne de 57 ans au bout du rouleau. Foufou est un porcelet de 6 semaines enfermé dans une cabane au fin fond de la Bourgogne. Ce livre raconte leur improbable rencontre, et comment ils vont se sauver l'un l'autre...
Après Actrice et Grand amour, Stéphane Carlier signe une comédie tonique et attachante qui, par-delà sa drôlerie, est aussi l'histoire d'une femme qui se réinvente. Plus qu'un roman, un antidépresseur !


Les gens sont les gens est le troisième roman de Stéphane Carlier publié au cherche midi.

 

 

 

 


 

 

 

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Un court extrait du livre : " Les gens sont les gens " de Stéphane Carlier

 

Marie-Pierre Jacob consacra les dernières minutes de sa séance à un rêve qu'elle avait fait deux jours plus tôt. Elle y déambulait dans la maison de son enfance affublée d'un manteau que sa mère venait de lui offrir, un manteau un peu spécial puisqu'il était en merde sèche. Vêtement original, aux propriétés insoupçonnées : confortable, sans odeur, il réchauffait en hiver et, inexplicablement, rafraîchissait l'été. Nicole avait dressé l'oreille. Compte tenu du temps qu'il leur restait, il était peu probable que cette histoire connaisse un développement significatif, et pourtant l'anecdote qui venait en point d'orgue d'une séance particulièrement morne l'intéressa. Sa passion pour les contes de Perrault lui fit immédiatement penser à Peau d'âne. Elle n'en dit rien, se contenta de prendre les premières et seules notes de ce rendez-vous. «Manteau de merde sèche», inscrivit-elle sur son bloc, avant de le souligner. Mademoiselle Jacob expliqua que sa mère avait hérité de l'habit de sa propre mère, qu'il s'échangeait d'une femme à l'autre de la famille depuis des lustres. Elle allait ajouter «comme un bijou» quand Nicole lui signifia que son temps était écoulé. Comme à chaque fois, la patiente respira un grand coup et, l'air satisfait autant qu'exténué, se laissa raccompagner. Et, comme à chaque fois, Nicole, irritée par l'expression de grande passivité de ce visage, se força à sourire en lui tenant la porte. Cette séance était la dernière de sa semaine, son week-end commençait. Elle aurait pu rentrer chez elle, ce qui ne consistait qu'à sortir du cabinet et à traverser le palier, mais l'idée ne l'effleura même pas. Rentrer chez elle signifiait voir Jean-Pierre, et Jean-Pierre était à peu près la dernière chose sur laquelle ses yeux avaient envie de se poser. Elle alla s'asseoir à son bureau. L'odeur désagréable qui flottait dans le cabinet la fit se relever immédiatement. Un subtil mélange de violette et de vinaigre. Marie-Pierre Jacob, sa peau, ses angoisses. Nicole entrouvrit la fenêtre et regagna l'imposante chaise en cuir. Là, elle retira ses chaussures sans s'aider de ses mains. Puis elle saisit la télécommande du lecteur de CD, bascula en arrière et, enfin prête, sélectionna le cinquième morceau. Une seconde passa avant que se fassent entendre les premières mesures d'une chanson qui la fit soupirer de plaisir : «Tout doucement» de Bibie. Nicole Rivadavia, 57 ans, spécialiste des troubles psychosomatiques. Nicole Rivadavia, agrégée de philosophie, germanophile accomplie, auteur d'une thèse sur Le Remords dans l'oeuvre de Levinas et d'innombrables articles pour la prestigieuse revue Die Deutsche Zeitschrijt von Psychoanalyse. Nicole Rivadavia, que le directeur de l'Association française de psychanalyse et de psychothérapie avait un jour présentée comme «l'une des meilleures d'entre nous». Nicole Rivadavia soupirait de plaisir en écoutant Bibie.

 

Source : www.lechoixdeslibraires.com

 

Lien : www.stephanecarlier.com